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Musée de la ferronnerie

MUSÉE DE LA FERRONNERIE

Place Modeste Leroy
27160 FRANCHEVILLE
Tél. : 02 32 32 61 71 ou 02 32 60 18 89


Ouvert du 1er avril au 31 octobre
Dimanches et Jours Fériés : 15h00 - 18h00


Quel est le personnage le plus représentatif de la population de Francheville : le cultivateur, l'herbager, l'ouvrier qui travaille dans les petites usines du village, le bûcheron ? Aucun doute n'est permis à la fin du XIXe siècle. Le même personnage s'impose partout : le ferronnier. Ici, c'est une activité artisanale, la ferronnerie, qui était la base de toute la vie du village.

Francheville conserve des archives et des souvenirs qui témoignent de son passé, plus ou moins ancien et prestigieux. Pourquoi ne pas mettre ce patrimoine en valeur, le rendre accessible à tous, particulièrement aux jeunes générations ? Les derniers ferronniers et les édiles de Francheville ont répondu à cette question en créant en 1984 le modeste musée communal où chacun peut voir, toucher ou étudier les collections qui y sont conservées.

Situé sur la place du village, ce musée présente les outils, réalisations, maquettes et documents iconographiques relatifs à la ferronnerie. Il comprend également de nombreux outils qui illustrent l'activité des dentellières, menuisiers, charpentiers, tonneliers et forgerons de la région.


Plaquette de diffusion du musée de la ferronnerie [pdf]


  FERRONNERIE À FRANCHEVILLE

 

 
grison
Ce minerai de fer est un sédiment
ferrugineux mélangé à de la silice
formant ce que l'on appelle le GRISON.
Nombre d'Églises de la région ainsi que
la Tour Grise de Verneuil d'où son nom,
en sont édifiées.

Le bois, la force de l'eau, un sol ferrugineux : ces trois éléments déterminèrent pour les habitants de Francheville, comme pour une partie des communes du Pays d'Ouche, une vie artisanale associée à une vie agricole.

Depuis des siècles, l'Iton travaille pour les fourneaux, les forges et les fonderies. La forêt fournit le combustible. L'industrie du fer est florissante. Les habitants de Francheville sont épingliers ou ferronniers. Les négociants voyagent dans toute la France et commercent avec l'Afrique du Nord, l'Espagne et le Portugal.

À Francheville, en 1779, on fabrique beaucoup d'ouvrages en fer, il y a des épingliers. Après la Révolution le Pays d'Ouche réussit à surmonter la crise qui l'avait frappé et travaille activement à la fourniture des armées. A la Grande-Mare, on martèle des pointes de charpentier, à Francheville et au Pont Thibout on se spécialise dans les parties métalliques du harnachement des chevaux. Les guerres napoléoniennes déclenchent de nouveau une intense production de mors et de bridons. En 1837, les trois quarts des habitants de Francheville sont ferronniers.

Étabissement Lemaitre
Établissement Lemaître.

Au XIXe siècle, l'événement marquant fut la Révolution de 1848, avec pour conséquence un ralentissement des affaires, le chômage, l'augmentation des prix et de la misère. Les ouvriers protestent contre la patente et, à Francheville, il se produit un attroupement d'individus dont l'effervescence gagne tous les jours. Il existait des négociants qui faisaient travailler des ouvriers à façon. En 1855, on relève le nom des petits négociants ci-après : DECŒUR, DUPUY, GOUJET, MALHERBE, POTTIER, ROSSE, SEBIRE, TESSIER. Apparaissent ensuite : LEMAÎTRE, à partir de 1866 et HEBERT, à partir de 1873, enfin MALHERBE-GOUPY en 1876. Le samedi après-midi, la maison LEMAÎTRE envoyait une voiture pour accueillir le travail de la semaine.

À Francheville, la fabrication des mors pour les chevaux a fait la renommée des familles REGNIER et ROSSIGNOL. En particulier, Delphin ROSSIGNOL forgeait les mors, Louis ROSSIGNOL et Ferdinand MALHERBE les limaient.

Étabissement Lemaitre
Usine Trouette.

Vers 1870, les fabricants de boucles sont CONARD, DUPUY, LEBLOND, TROUETTE. Deux ateliers sont spécialisés dans l'estampage ou le façonnage de la boucle, GIRARD et TROUETTE de Francheville.

Désir BONNEVILLE fabrique des potelets électriques, des articles pour la boucherie, des chaînes, des crochets, des boucles à gourmette, des articles de gymnastique. Il forge les grilles du monument aux morts de la commune.

La maison HEBERT confectionne des colliers de chevaux et vend directement aux bourreliers. La maison MALHERBE-BOBET de la Grande Mare, fondée en 1875, fabrique des goupilles, à la main d'abord, puis mécaniquement. A cette industrie s'adjoignit celle des clavettes et des anneaux de poids. La maison MALHERBE a pour clients les fabricants de machines agricoles, les chemins de fer et même l'aviation. La maison LEMAITRE fournissait le fer en barre ou en rouleau. Cette entreprise était fière de ses mille cinq cent articles répartis dans d'innombrables casiers.

Les mors de certaines boucles étaient étamés à Francheville, chez LEROY. Les pièces étaient trempées dans l'acide muriatique durant trois à quatre heures, ensuite dans l'acide pur. On enfilait les boucles et les mors dans des broches, puis on les trempait dans un bain d'étain en fusion, recouvert d'une couche de suif, et ont les retirait aussitôt. La température de l'étain était estimée par l'étameur seul.

Toutefois, la loi du libre-échange de 1866, l'emploi de la houille, la modernisation de l'industrie et la construction des chemins de fer ont provoqué un relatif déclin de la ferronnerie et bouleversé le mode de vie des habitants de Francheville. Bien que la fabrication de l'épingle sombre vers 1870, il y avait encore quatre cents forges en exercice jusqu'à la fin du siècle. A partir de 1920, l'automobile qui remplace le cheval porte le coup fatal à cette industrie. Seuls quelques artisans subsistèrent, témoins exemplaires d'un travail ancestral.


  MUSÉE DE FRANCHEVILLE

 


L'idée de créer un musée de la ferronnerie à Francheville est venue tout naturellement car cette activité était encore très vivace au début du siècle dans ce secteur du sud de l'Eure et plus particulièrement à Francheville où de nombreuses forges étaient très actives.

De plus de nombreux particuliers étaient disposés à offrir des outils, des objets ... témoins d'un passé récent.

Il fut donc créé une association qui prit le nom de « Amis du musée de la ferronnerie et des métiers annexes » et qui exposa plusieurs années dans un local provisoire prêté par le restaurateur du village.

Un immeuble se trouvant à vendre sur la place même du village, la municipalité décida d'en faire l'acquisition afin d'y installer définitivement son musée de la ferronnerie.

Depuis, elle le loue au franc symbolique à l'association à laquelle elle accorde une subvention annuelle de fonctionnement.

José HAAS,
Maire de Francheville.
musée de la ferronnerie
Le musée a été inauguré le 3 juin 1984.
Il retrace l'hitoire d'un passé glorieux
de nos forgerons et ferrons
du début du siècle.
 
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